Femmes en génie : les soutenir toute l’année

Le mois de mars est une période forte pour la visibilité du génie avec le Mois du génie. C’est aussi une période où on célèbre les femmes avec la journée du 8 mars et bien que celles-ci soient de plus en plus visibles dans les secteurs des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), les chiffres démontrent l'ampleur de la tâche pour les attirer dans ces filières et atteindre la parité souhaitée. Qu’en est-il dans le génie au Québec? Faisons le point.

Au niveau du génie, l'Ordre des ingénieurs du Québec comptabilise aujourd'hui 15% d'ingénieures et 20% de candidates à la profession d'ingénieur (CPI) et déploie plusieurs initiatives dans l'objectif de compter 30% d'ingénieures dans ses rangs d'ici 2030 (30 en 30, Ingénieurs Canada).

S'appuyer sur les talents d'aujourd'hui

L'Ordre a mis en place un programme de mentorat MEG mettant en relation des ingénieur.e.s avec des étudiantes pour permettre à ces dernières de mieux appréhender la réalité de la profession et les soutenir dans leurs choix de carrière. Il existe également un programme d'ambassadrices pour soutenir les vocations auprès des jeunes filles dès le secondaire et le Cégep qui s’effectue en ligne depuis la pandémie.

Depuis plusieurs années, les universités et les écoles en génie ont aussi répondu à l'appel et ont développé des dispositifs pour accroître le nombre d'étudiantes au sein de leurs cohortes. Polytechnique Montréal affichait ainsi 30% d'étudiantes inscrites au baccalauréat à l'automne dernier.

Ces initiatives et ces chiffres sont encourageants, d'autant que si on regarde il y a quelques années en arrière, les femmes représentaient seulement 4% des membres de l'OIQ en 1989.

La preuve par l'exemple

Il reste encore des efforts à faire de la part des entreprises pour recruter davantage de professionnelles en génie et surtout les convaincre de poursuivre une carrière dans le domaine, car on le constate, certaines, malgré des études réussies en génie, ne restent pas. Les biais de genre inconscients, l’autocensure et les discriminations sont encore présents.

À ce titre, le Conseil supérieur de l’éducation déplorait l’année dernière la très faible présence des femmes dans le numérique et recensait des initiatives toutefois récentes, mis en place dans les entreprises comme des programmes de mentorat interne pour changer la donne en soutenant les professionnelles dans les grandes étapes de leur développement professionnel.

C’est aussi au travers de modèles de réussites au féminin que les jeunes femmes vont envisager de plus en plus une carrière en génie. Kathy Baig, la présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, est une figure de proue qui contribue concrètement à conférer une plus grande visibilité aux femmes dans le génie.

Cependant, il faut aussi une plus grande accessibilité de témoignages et de portraits d’ingénieures dans les médias grands publics et cela, pas seulement lors du Mois du génie, la Journée de la femme ou des femmes en génie. Ce fut le cas il y a quelques semaines à peine avec l’atterrissage du robot Perseverance sur Mars et la mise en valeur de l’implication dans le projet d’une ingénieure québécoise, Farah Alibay, et de sa passion communicative pour l’aérospatial.

Si les grands joueurs de l’industrie s’impliquent aujourd’hui davantage pour soutenir les efforts vers la parité hommes/femmes, l’accession des femmes à des responsabilités et à des salaires égaux est de la responsabilité de tous. Elles-mêmes bien sûr qui sont les premières concernées, mais aussi de toute une communauté engagée et consciente du soutien qu’elle peut leur apporter.

 

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