Le nombre de nouvelles diplômées en génie appelé à augmenter d’ici 10 ans

Une récente étude de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) démontre que le Québec est en retard par rapport aux autres provinces quant à la représentation des femmes dans la profession. Même si le nombre de personnes travaillant dans le domaine de l’ingénierie a augmenté de 22 % en 10 ans, le dernier recensement (2016) fait état d’une proportion de 15 % de femmes en génie.

Le nombre de femmes en génie dans la province a toutefois augmenté depuis les années 2000, alors qu’elles représentaient moins de 12 % des effectifs. Si on inclut les professionnelles en informatique diplômées en génie, la proportion de femmes monte à 16 % (2016).

« Leur taux de représentation demeure inférieur, leur taux de poursuite est supérieur et un manque de femmes professeures dans les établissements d’enseignement persiste. Une fois dans la vie professionnelle, elles font face aux écarts salariaux, un climat souvent antagoniste et discriminatoire et, encore, un taux de poursuite du métier inférieur à celui des hommes », souligne l’étude de l’OIQ, intitulée Profil de lingénieur d’aujourd’hui et de demain – étude socioéconomique.

De 2011 à 2016, le nombre de directrices de services de génie a crû de près de 41 %, une augmentation bien supérieure aux hommes, même si les femmes ne forment que 20 % des postes de direction de services de génie. Les professionnelles en génie travaillent davantage que les hommes au sein des administrations publiques alors qu’elles semblent moins attirées que les hommes par le secteur manufacturier et les services professionnels.

Selon l’organisme Ingénieurs Canada, les statistiques démontrent aussi que les femmes cherchant à devenir ingénieures quittent la profession au cours des cinq premières années à un rythme près de deux fois plus élevé que les hommes. Une analyse comparative axée sur les genres indique que la culture du génie est habituellement peu accueillante envers les femmes, qu’il manque de mentors, de consœurs et de cheffes de file qui sont des femmes dans la profession et que les étudiantes et ingénieures stagiaires ne s’y reconnaissent pas.

Regard sur les salaires des femmes en génie

L’enquête 2020 sur la rémunération de Genium360 indique que les femmes travaillant en génie touchent en moyenne un salaire de base de 94 098 $ (salaire médian situé à 89 000 $), tandis que le salaire de base moyen des hommes est de 105 925 $, pour un salaire médian à 100 000 $. L’écart est donc de près de 12 000 $ en ce qui a trait au salaire de base.

Cependant, cette différence ne tient pas compte du fait que la carrière de la majorité des diplômées en génie a débuté dans les 25 dernières années. Étant plus nombreux et depuis plus longtemps sur le marché du travail, les hommes ont une marge d’avance sur les femmes concernant la rémunération.

De plus en plus de femmes diplômées en génie

À ce sujet, les données sur la diplomation semblent indiquer que la situation continue de s’améliorer puisqu’on dénombre de plus en plus de diplômées. Toutefois, les femmes sont plus représentées dans des formations associées au deuxième ou troisième cycle, et leur entrée sur le marché du travail peut s’en trouver retardée.

De plus, la part des femmes – 21 % – parmi tous les diplômés a augmenté de 1 % en 4 ans selon les données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec, ce qui est plus élevé que leur représentation dans la force de travail (15 %).

Cette hausse augure bien pour l’avancement des femmes en génie. L’OIQ souscrit à l’objectif d’Ingénieurs Canada de faire en sorte que 30 % des nouveaux professionnels en génie soient des femmes en 2030 (30 en 30). Parmi les pistes d’action pour atténuer les effets de la rareté de main-d’œuvre, l’Ordre favorise, entre autres, une poursuite des démarches de tous les actrices et acteurs pour augmenter le nombre de femmes au sein de la profession.

 

Photo de couverture : ThisIsEngineering | Pexels

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