Un écosystème d’innovation participative en technologies de la santé

Un laboratoire comme espace de cocréation? Voilà le modèle proposé par le LIO (Laboratoire de recherche en imagerie et orthopédie) à Montréal pour innover en technologies de la santé. Équipes de recherche, entreprises et patientèle partagent ce terrain — situé en milieu hospitalier — afin de proposer des réponses médicales au bénéfice de la population.

Le LIO est dirigé par Jacques de Guise, professeur de génie des systèmes à l’ÉTS, aussi professeur associé au département de chirurgie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche du CHUM. Il a accepté de discuter d’innovation lors d'un webinaire le 2 février 2022 dans le cadre de la 8ᵉ édition des Rencontres de génie - Santé : mettre votre génie à contribution, le 24 mars 2022.

Les principales recherches menées au LIO se déclinent en deux axes transversaux : l’imagerie et l’ingénierie, d’une part, et les services et la promotion de la santé, d’autre part. Les travaux portent sur la mise au point de technologies d’imagerie 3D permettant d’améliorer le diagnostic et le traitement pour le cancer, les maladies cardiométaboliques, immunopathologiques et neurologiques.

Modèle d’innovation non linéaire

L’équipe du LIO adopte un modèle d’innovation que Jacques de Guise illustre par la double hélice de la structure de l’ADN. Les idées, les nouveaux produits, les services et les procédés y circulent donc de manière non linéaire.

Ce modèle répond à une conception de l’innovation voulant qu’elle soit composée d’allers-retours récurrents et d’éléments constamment redéfinis en fonction des résultats de recherche, d’usage et de commercialisation.

C’est pourquoi le LIO est situé en milieu hospitalier, là où les besoins naissent et où les technologies proposées peuvent être validées par les patients ainsi que le personnel clinique.

Ce type de processus requiert la participation de toutes les parties prenantes : les équipes de recherche apportent leurs savoirs théoriques, les praticiens, leurs savoirs cliniques et les patients, leurs savoirs expérientiels.

Cette mise en commun fait en sorte que les technologies d’intervention médicales qui y sont conçues sont alors mieux adaptées aux besoins cliniques, à ceux du patient et à ceux des partenaires industriels.

Pour une innovation participative « fonctionnelle »

Le professeur Jacques de Guise a donné quelques éléments importants permettant la mise en place et la réussite de projets d’innovation basés sur la cocréation et la participation dans le domaine de la recherche médicale :

  • Intégrer tous les acteurs et actrices le plus tôt possible dans le projet pour s’assurer de répondre au besoin scientifique, au besoin clinique et à celui de l’entreprise;
  • Faire émerger de nouvelles questions scientifiques et techniques pour que la recherche et l’innovation en milieu d’usage ne s’arrêtent pas au moment du transfert technologique vers le partenaire;
  • Miser sur les programmes qui financent l’innovation en recherche partenariale. Des programmes au Québec et à Montréal ont de véritables effets de levier en multipliant la mise réalisée par l’entreprise;
  • Favoriser en priorité la qualité et la durée des partenariats plutôt que la quête d’enrichissement éventuel par le versement de redevances. Il faut respecter les deux missions : celle de l’université qui est de contribuer à la formation et aux connaissances et celle de l’industriel qui est d’assurer un succès commercial;
  • Appuyer ce type de partenariat sur le tissu industriel québécois qui est fait de petites entreprises et non de multinationales. Le processus s’en trouve plus rapide, plus simple et plus convivial.

Selon Jacques de Guise, ce type d’écosystème animé par un processus d’innovation en constante évolution répond adéquatement aux besoins du milieu de la santé. Le succès des nouvelles technologies en est la preuve et, à terme, ce sont les patients qui bénéficieront de ces innovations!

Source de l'image de couverture : https://www.etsmtl.ca/laboratoires/lio/expertises

 

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