Pandémie, stages et emplois : quel est l’état des lieux?

Pour la communauté étudiante, la période actuelle, marque le début du trimestre d’été, lequel s’accompagne souvent de stages en entreprise. Dans le contexte de pandémie, comment la mise sur pause depuis 2 mois de l’économie québécoise affecte-elle nos étudiants et étudiantes? Tour d’horizon avec Marie-Josée Dionne, directrice du service stages et emplois de Polytechnique Montréal.

Une reprise attendue

Il est indéniable que la pandémie de COVID-19 affecte l’ensemble de la société. « Au moment où les écoles ont fermé, nous nous dirigions vers un été record d’offres de stages pour une 6e année d’affilée », explique Marie-Josée. « Depuis l’annonce du « Québec en pause », beaucoup d’entreprises attendaient impatiemment les mesures de déconfinement pour se prononcer sur le maintien des stages.

Alors que le Québec opère un déconfinement graduel de l’économie, on observe un ralentissement prononcé des annulations de stages, qui se chiffrent à 20% en tout depuis le début mars. « Et il nous reste encore [du temps]* pour identifier de nouvelles occasions et placer les étudiants », ajoute Marie-Josée.  

Adapter son service en une fraction de seconde

La « transformation numérique » de l’équipe de Marie-Josée s’est très bien effectuée. D’une part, les conseillers aux entreprises étaient déjà habitués avec les outils de travail à distance. D’autre part, tous les services aux étudiants ont pu être maintenus que ce soit grâce au bon vieux téléphone ou aux outils de téléconférence. Le mot d’ordre de l’équipe est flexibilité, souligne-t-elle : « Puisque le nombre d’heures minimales à effectuer dans le cadre d’un stage ne correspond pas à un été complet, nous allons accommoder autant les entreprises qui désirent enregistrer un stage à la mi-juin que les étudiants qui auraient une expérience à durée réduite. »

Son équipe travaille même sur une nouvelle forme de stage alternatif, dans le même esprit que les stages « terrain » : les stages humanitaires liés à la COVID-19. Ce format temporaire permettrait ainsi à des étudiants d’effectuer un stage obligatoire un peu différent de la norme en ces temps d’exception.

Des perspectives d’emploi à venir lors du déconfinement

La diplômée de Polytechnique est très enthousiaste face au déconfinement : « La pénurie de main d’œuvre n’est pas disparue suite à la déclaration de l’état d’urgence sanitaire. De plus, la conversion de certaines lignes de production à du matériel médical pourrait devenir permanente et alors créer des emplois. »

Celle-ci est d’avis que même si le déconfinement devra être prudent et contrôlé, les entreprises nécessitant une main d’œuvre en ingénierie reprendront rapidement le rythme d’avant : « Durant les réunions de grappes sectorielles, l’avis des représentants est qu’à partir du jour où le confinement sera levé, les embauches reprendront. » 

En terminant, elle désire rassurer les diplômés et diplômées face à leur avenir : « Il faut prendre ça comme une occasion à saisir pour mieux préparer sa candidature et pour prendre le temps de réfléchir aux avenues les plus intéressantes pour soi, parce que les offres d’emploi ne manqueront pas d’ici quelques mois! »

 

*Propos recueillis en date du 30 avril 2020.

 

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