Êtes-vous un entrepreneur en génie : un inventeur ou un innovateur ?

Qui est cet entrepreneur en génie ? Un inventeur ou un innovateur ? Lors des Rencontres de génie sur l’intelligence artificielle, nous avons retenu une citation (extrait vidéo à 0.12sec) de Chris Forrest, Senior Manager Innovation Strategy chez Deloitte : «What is innovation? Invention, you have to pay for. Innovation is something that pays you». En génie, on invente, on innove. En entrepreneuriat, on invente, on innove. Et si on combinait génie et entrepreneuriat pour inventer le monde de demain ? Est-ce le meilleur des deux mondes ? Est-ce réellement deux mondes distincts ?

Le savoir-faire et savoir-être d’un entrepreneur en génie

«L’ingénieur a été de tout temps associé à l’invention et à l’innovation. Les ingénieurs sont porteurs d’innovations, car leur formation scientifique et technique ainsi que leur expérience professionnelle leur confèrent une capacité à innover et les préparent, en particulier, à être des éléments pivots de l’innovation technologique (Gaudin, 1984).»1 L’innovation technologique a par ailleurs fait émerger une plus grande implication des professionnels en génie. Les connaissances techniques en génie devenaient essentielles et demeurent aujourd’hui nécessaires pour un grand nombre de secteurs industriels et de service.

Toutefois, de nouveaux enjeux influencent la capacité d’adaptation des professionnels en génie et requièrent davantage le «développement de la dimension humaine» tel que l’explique Alain Fayolle, professeur et directeur du Centre de recherche en entrepreneuriat ainsi qu’ingénieur de formation.

«L’approche des situations et des problèmes n’est plus la même. La raison d’être de l’ingénieur, sa base technique et scientifique forte, tend à n’être plus suffisante. Aux savoirs basiques, il est très souvent nécessaire, aujourd’hui, de développer de nouveaux types de savoirs : le « savoir gérer des ressources », en particulier les ressources humaines, et le « savoir gérer des réseaux de relations, de compétences ou de proximité ». D’autre part, ces spécificités ne nous semblent pas de nature à laisser une grande place à la création ou à la reprise d’entreprise dans les options de carrière et les choix professionnels des ingénieurs.» (Fayolle, 2001)

Des formations en intelligence relationnelle, en neuroleadership, en vente stratégique ou encore sur l’art de parler en public peuvent agrandir le portfolio de compétences de savoir-être et de savoir-faire d’un professionnel en génie. Voyez les traits de personnalité et les ingrédients clés pour réussir en affaires, tels que la prise de risque en affaires ou encore la créativité.

Être entrepreneur en génie ou chef de direction d’entreprise : un diplôme d’études supérieures, un pré-requis ?

La revue PLAN de l’Ordre des ingénieurs du Québec présentait que « parmi les personnes à la tête de compagnies, les ingénieurs possédant un diplôme d’études supérieures sont trois fois plus nombreux que les non-ingénieurs titulaires de MBA. C’est ce que révèle une analyse récente de 36 millions de profils professionnels d’entrepreneurs-fondateurs et chefs de direction d’entreprises de tous genres effectuée par Identified, la plus importante banque de données de professionnels du monde.» (Revue PLAN, p.48) L’Enquête sur la rémunération des professionnels en génie salariés du Québec de 2018 présente aussi que 48% des répondants ont une maîtrise en génie, 20% un MBA, 12% une maîtrise autre qu’en génie, 9% un D.E.S.S et 7% un doctorat en génie. Une majorité des professionnels en génie possèdent ainsi un diplôme d’études supérieures. Est-ce un pré-requis pour être à la tête d’une entreprise ? 

Être entrepreneur en génie, c’est rare !

En France, «Y. GATTAZ, ancien président du Conseil National du Patronat Français (CNPF), ingénieur et entrepreneur lui-même, résume avec humour la situation, à travers la formulation de quatre "lois"2 :

  • Première loi : dans toutes les écoles d'ingénieurs de France, il se trouve 15% des élèves, qui possèdent les qualités nécessaires pour devenir un bon chef d'entreprise.
  • Deuxième loi: parmi les 15% ci-dessus, un tiers seulement, soit 5% du total des élèves ingénieurs, envisagent la possibilité de créer une affaire personnelle en partant de zéro.
  • Troisième loi: parmi les 5% ci-dessus, les quatre cinquièmes, soit 4% abandonnent cette idée avant de l'avoir réalisée.
  • Quatrième loi: dans le dernier 1% des rescapés, les deux tiers seront contraints d'abandonner par la suite.»3 (Fayolle, 1998)

Est-ce encore un phénomène de rareté ? L'entrepreneuriat est en croissance, dans de nombreux secteurs, génie inclus. Consultez l'indice entrepreneurial québecois.

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Références

Fayolle, Alain. « D'une approche typologique de l'entrepreneuriat chez les ingénieurs à la reconstruction d'itinéraires d'ingénieurs entrepreneurs », Revue de l’Entrepreneuriat 2001/1 (Vol. 1), p. 77-97.

2 Gattaz, Y. «Les hommes en gris», Paris: Laffont, 1970. p.21.

3 Fayolle, Alain. «Contribution à l’étude des comportements entrepreneuriaux des ingénieurs français», HEC Montréal, Chaire d’entrepreneurship Maclean Hunter, Cahier de recherche no 1998-09, avril 1998,

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