Emploi d’ingénieur en région : à quoi faut-il s’attendre?

Au Canada, la demande de main-d'oeuvre pour les métiers du génie est essentiellement liée à la croissance économique. Bien que la conjoncture soit plutôt défavorable, il reste des régions qui réussissent à tirer leur épingle du jeu et qui continuent d'offrir des emplois d'ingénieur grâce aux investissements dont elles bénéficient. En ce qui concerne plus précisément l’emploi d’ingénieur et la rémunération en région, à quoi faut-il s'attendre ?

Les régions qui recrutent et les rémunérations constatées

Où se trouvent les emplois d'ingénieurs en région ?

Selon les prévisions, la croissance au Canada devrait créer 16 000 emplois en génie au cours de cette décennie. Et certaines régions qui font face à une pénurie d’ingénieurs doivent même recruter des ingénieurs étrangers malgré la hausse de diplômés en génie. C'est notamment le cas pour la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador.

À quel niveau de rémunération peut-on s'attendre en région ?

En matière de rémunération, on constate une grande disparité de salaires en fonction des régions. Selon l'Enquête sur la rémunération des professionnels en génie du Québec, un ingénieur touche en moyenne, un salaire de base de 116 730 $ au Nord-du-Québec et de 82 991 $ dans le Bas-Saint-Laurent. D'autres régions se situent exactement dans la moyenne nationale, qui est de 96 059 $. C'est le cas de la Montérégie avec 95 424 $, et de l'Outaouais qui affiche un salaire de base annuel de 95 936 $. On remarque d'ailleurs une différence substantielle entre les salaires moyens annuels dans le secteur public qui sont inférieurs de 16 000 $ à ceux offerts aux ingénieurs d'Hydro Québec.

Emploi d'ingénieurs en région : des professions variées

Contribuer aux travaux de construction des barrages hydroélectriques

Les chantiers de construction de barrages hydroélectriques vont bon train en région et le secteur embauche constamment des ingénieurs. Le chantier de la Romaine près de Havre-Saint-Pierre, par exemple, qui emploie 600 personnes et doit durer jusqu’en 2020, recrute régulièrement :

  • des ingénieurs en automatisation;
  • des inspecteurs qualité électrique;
  • des ingénieurs en génie mécanique;
  • des ingénieurs géotechniques - barrages;
  • des chargés de projets;
  • des chefs de chantier.

Le salaire de base moyen constaté dans le privé dans le secteur de la construction est de 92 684 $ par an.

Travailler dans l'exploitation des sables bitumineux

C'est en Alberta que sont basés les postes liés à l'exploitation des sables bitumineux au Canada

L'industrie minière dans le secteur des sables bitumineux emploie différents types d'ingénieurs et on y trouve notamment :

  • des ingénieurs spécialisés dans l’extraction du pétrole,
  • des ingénieurs géologues,
  • des ingénieurs chimistes,
  • des ingénieurs électriciens,
  • des ingénieurs techniques,
  • des ingénieurs civils,
  • des ingénieurs mécaniciens.

C’est dans cette province que l’on constate les meilleures rémunérations des ingénieurs pétroliers (après Terre-Neuve-et-Labrador), avec un salaire annuel médian de 138 200 $, tandis que l’extraction minière, de pétrole et de gaz dans son ensemble affiche un salaire de base annuel de 122 133 $ pour ce qui est du secteur privé.

Se diriger vers l’exploitation forestière

Les ingénieurs forestiers sont déjà peu nombreux et les jeunes diplômés ne semblent pas enclins à travailler dans les régions éloignées. Il en résulte une forte demande d’ingénieurs dans ce secteur, une pénurie qui ne fait qu'empirer.

Si l’on prend le cas du Québec, on comptait 1 800 ingénieurs forestiers actifs il y a cinq ans, soit 5 % de moins qu’en 2002 et aujourd'hui, il y a deux fois plus de départs à la retraite que de diplômés. Pourtant, ces dernières années, la mission de l’ingénieur forestier s’est beaucoup enrichie, et a même  intégré de nouvelles fonctions. En plus des tâches traditionnelles, telles que la planification des opérations forestières, la délimitation des aires de coupe, le calcul de la possibilité annuelle de volume de bois à récolter, l'ingénieur est amené à prendre en charge la gestion des bassins hydrographiques, du carbone ou encore de l'aménagement des habitats de la faune. Les ingénieurs du secteur forestier touchent un salaire annuel moyen de 80 536 $.

Lorsque la conjoncture est difficile, l'offre la plus abondante en matière de postes d'ingénieurs se trouve bien souvent en région. Pourtant, l’emploi d’ingénieur en région est loin d’être un second choix, car les métiers du secteur sont variés et les rémunérations alléchantes.


Références : Conseil des ressources humaines de l’industrie minière du Canada (Conseil RHiM), Tendances du marché du travail et défis en matière de ressources humaines, 2013, http://www.mihr.ca/fr/publications/resources/5256_Mihr_Report_F_Web_Rev4.pdf

Morin, Annie (avril 2016), Le Soleil, Les ingénieurs dans la rue pour réclamer de meilleurs salaires, http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/transports/201604/12/01-4970474-les-ingenieurs-dans-la-rue-pour-reclamer-de-meilleurs-salaires.php

Ingénieurs Canada, Le marché du travail en génie au Canada, juin 2015, https://www.engineerscanada.ca/sites/default/files/Labour-Market-2015-fr.pdf (page 126)

Rodgers, Caroline (avril 2013), La Presse, La forêt québécoise en manque d'ingénieurs, http://affaires.lapresse.ca/cv/201304/10/01-4639447-la-foret-quebecoise-en-manque-dingenieurs.php

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