Sauver le monde un vaccin à la fois

Cigogne permet la livraison rapide et sécuritaire de médicaments et de vaccins stockés dans le compartiment réfrigéré d’un drone à des endroits peu accessibles par des moyens conventionnels.

En quoi consiste votre projet? Pourquoi avez-vous choisi de vous y engager?

C’est en voyant les images d’une compétition de transport médical se déroulant en Australie que Julie Armand et huit autres étudiants en génie mécanique de l’Université de Sherbrooke ont eu l’idée de créer Cigogne. Il s’agit d’un service de transport de médicaments et de vaccins destinés à des endroits difficilement accessibles avec les méthodes terrestres et aériennes traditionnelles. 
« La possibilité d'avoir un impact concret sur la santé partout dans le monde, c’est la motivation principale des membres du projet, indique Julie Armand. Cigogne permettra à la fois d'éliminer les pertes de vaccins attribuables au transport, de vacciner plus de personnes et de réduire la propagation de maladies. Sur le plan personnel, cela nous procure l’occasion de travailler avec les technologies émergentes comme la fabrication additive ainsi que les drones automatisés. »

Arriver plus vite, se rendre plus loin…

Moins coûteux et restreint qu’un hélicoptère ou qu’un camion, Cigone vise à améliorer l’accessibilité aux médicaments et aux vaccins dans les pays en voie de développement, dans des villages éloignés des grands centres urbains, dans les zones de guerre ou encore dans des communautés devenues isolées en raison d’une catastrophe naturelle. À ce chapitre, pensons notamment aux nombreux endroits en sol haïtien coupés du reste du monde et non accessibles par voie terrestre à la suite du violent tremblement de terre survenu le 12 janvier 2010.
Certes, ces lieux sont généralement déjà desservis, mais les approches utilisées sont tributaires de multiples facteurs qui peuvent, en bout de piste, compliquer l’exécution des missions. Non seulement les délais alors prévus doivent être revus, mais la qualité des produits concernés peut en subir les effets néfastes.
« L’état des routes, la distance, les conditions climatiques, la situation géographique des villages sont autant de facteurs qui peuvent causer des fluctuations à la température à laquelle les médicaments et les vaccins doivent être conservés, explique Julie Armand. Ils risquent donc d’être moins efficaces. »
Par conséquent, l’équipe a conçu un compartiment réfrigéré innovant se fixant à un drone automatisé pour atteindre des distances de 70 km (soit un aller-retour de 35 km). Ledit compartiment, lui, peut transporter jusqu’à 1400 doses de vaccins à des températures variant de 2 à 8°C.

… et conserver la qualité des produits livrés

Le drone sélectionné est de type hélicoptère et ne nécessite donc pas de piste de décollage-atterrissage, car il peut décoller et atterrir à la verticale, une nécessité compte tenu de la mission qu’on lui confie. « Pouvant transporter jusqu’à six kilos, notre drone de type hélicoptère est celui présentant le meilleur rapport pour nos spécifications techniques », indique Julie Armand.
Alors que des méthodes de conservation plus rudimentaires comme la glace ou les blocs réfrigérants (communément appelés ice packs) perdent invariablement de leurs propriétés et de leur efficacité au fil des minutes qui s’écoulent, le concept de Cigogne, lui, permet de réguler les températures en continu durant le transport (un système électronique intégré s’en charge directement dans le compartiment). On s’assure ainsi qu’en cas de contraintes qui retarderaient leur livraison, les produits conservés demeurent dans les conditions recommandées, du départ du drone jusqu’à son arrivée à destination. Cela ouvre aussi des possibilités pour le transport de poches de sang ou d’organe, précise Julie Armand. 
Quant à une éventuelle commercialisation, l’équipe derrière le projet Cigogne est parvenue à susciter l’intérêt des décideurs de la Croix-Rouge (autant sa division canadienne que son organisation internationale). Les deux entités discutent fréquemment des avancées réalisées et qui vont mener à la production finale.

 

Gagnant(e) catégorie Relève du Concours IMDD 2017

 

Par : Julie Armand, Génie mécanique – Université de Sherbrooke

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