Devenir gestionnaire de projets : le choix de Julian Gacek

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Quel ingénieur n’a jamais pensé devenir gestionnaire de projets? Souvent perçu comme la première étape précédant d’autres promotions, le titre de gestionnaire de projets est convoité par nombre de professionnels ambitieux, mais également par de plus en plus de candidats à la profession d’ingénieur (CPI) et de finissants.

Souhaiter devenir gestionnaire de projets peut être issu d’un désir éclairé, mais peut aussi être motivé par des vues strictement instrumentales, voire par pure convention. « Tout le monde, en apparence, souhaite devenir gestionnaire de projet? Ben moi aussi! »

Or, qu’est-ce que la gestion de projets? Est-ce fait pour tout le monde? Cela offre-t-il de meilleures perspectives de développement de carrière en génie, ou seulement des perspectives différentes? Vaut-il la peine d’aller chercher son titre de Project Management Professional (PMP)? Pour tenter de répondre à ces questions, je me suis entretenu avec Julian Gacek, responsable national de la discipline de gestion de projets dans le domaine de l’hydroélectricité et barrages au sein du groupe Énergie chez WSP Canada.

Hydraulique et gestion de projets

Après son diplôme d’études collégiales (DEC) en sciences pures et appliquées au Collège Marianopolis à Montréal, Julian fait son baccalauréat en génie civil à l’Université McGill. Passionné par ses cours en hydraulique, il décide de poursuivre ses études dans le domaine. « Pendant ma maîtrise, je travaillais sur la comparaison d'un modèle numérique tridimensionnel et d'un modèle réduit. Il s'agissait d'un partenariat entre l'Université McGill et un partenaire industriel. J'ai travaillé pour le partenaire industriel pendant mes études de maîtrise et, par la suite, j’ai commencé à travailler en génie-conseil. »

Julian est un ingénieur-conseil pur et dur. Il œuvre dans le domaine depuis le tout début de sa carrière en 2006. En plus de sa passion pour l’hydraulique, il porte un intérêt marqué pour la gestion de projets. Ainsi, en 2015, il décide de se mettre à étudier dans la perspective d’obtenir son titre de PMP. « Il y a certains prérequis, notamment prouver un certain nombre d'heures de travail dans chacune des 5 phases de gestion de projets : initiation, planification, exécution, contrôle et clôture. Aussi, il faut 35 heures de cours en gestion de projets. Pendant mon baccalauréat, j'avais déjà fait un cours en gestion de projets de construction, ce qui m’a permis de faire créditer ce cours. »

Une fois accepté dans le programme, le travail commence! Julian, qui est plutôt du style studieux, passe ses soirées et fins de semaine à étudier en vue de l’examen. « J'ai pris un mois pour étudier. Chaque jour, après le travail, j' allais à la bibliothèque pour lire le livre PMP Exam Prep de Rita Mulcahy. Je l'ai lu au complet trois fois et j'ai fait les exercices à plusieurs reprises. Le livre officiel du Project Management Institute (PMI) est cependant le PMBOK. »

Julian Gacek, responsable national de la discipline de gestion de projets dans le domaine de l’hydroélectricité et barrages au sein du groupe Énergie chez WSP Canada.

Devenir PMP

Depuis le 2 janvier 2021, les prétendants au titre de PMP doivent passer un examen constitué de 180 questions à choix multiple en 230 minutes. « Les règles ont récemment changé pour l’examen, mais à l’époque, j’avais 4 heures pour répondre à 200 questions à choix multiple. Tu te rends dans une salle. Tout est fait par informatique sur ordinateur et il y a des surveillants en tout temps. Comme c'est informatique, tu as ta note 2 secondes après avoir soumis ton examen. Disons que tu es un peu fébrile avant d'appuyer sur le bouton! C'est un peu stressant d'être dans une salle avec d'autres personnes qui peuvent faire d'autres examens. »

Il est de surcroît à noter que l’examen est en anglais strictement et que la note de passage doit être obtenue dans chacune des 5 phases évaluées (liées aux 5 phases de la gestion de projets susmentionnées).

Heureusement pour Julian, les heures d’étude ont été bénéfiques. Il réussit l’examen haut la main. « Environ deux semaines après avoir réussi l’examen, j’ai reçu un certificat qui est valide pour une durée de 3 ans. Après ça, tu dois repayer ton inscription et suivre des heures de formation continue. Il y a un code d'éthique qui est associé aussi. C’est un peu comme faire partie d’un ordre professionnel. »

Aujourd’hui PMP, Julian ne regrette pas ses heures passées à la bibliothèque à étudier le livre de madame Mulcahy. Il voit cependant l’obtention du titre de PMP davantage comme la poursuite d’un chemin déjà entamé plutôt que comme un tremplin pour l’avenir. « J’avais déjà une expérience en gestion de projets, mais ce que l’examen m’a donné, c’est la terminologie. Je sais mieux associer des mots à des réalités concrètes. J'ai également appris à me servir d'outils de gestion de projets comme le Root Cause Analysis, le SWOT et des analyses multicritères. »

Expérience et expertise

Julian croit-il que son titre de PMP puisse lui permettre d’obtenir des promotions dans l’avenir? « La certification PMP à elle seule ne va pas te donner une promotion, car si ça démontre que tu as des connaissances en gestion de projets, ça ne veut pas dire que tu les appliques correctement. C'est vraiment le fait d'être un bon gestionnaire de projets qui va te faire progresser. Le PMP, ça peut être un bon départ pour montrer que tu es prêt à prendre davantage de responsabilités (…), mais c'est vraiment ton expérience et ta réputation qui vont te permettre de faire le plus de chemin. » L’expertise, l’expérience, les compétences et la personnalité sont donc plus déterminantes qu’un titre professionnel supplémentaire.

De plus, Julian croit que dans un domaine comme celui du génie, l’intérêt pour la gestion de projets ne devrait pas se soustraire au développement d’une expertise technique préalable, fondamentale selon lui. « Un gestionnaire de projets n'a pas nécessairement besoin d'avoir des compétences dans le domaine où il œuvre, c’est vrai. (…) Cependant, lorsque tu as une bonne base technique dans un domaine spécifique, tu es mieux capable de comprendre les enjeux auxquels font face tes clients. Donc, je dirais qu'en génie-conseil, c'est important d'avoir une bonne base technique. »

Il admet malgré cela que de jouer un double rôle liant technique et gestion n’est pas du tout facile une fois devenu gestionnaire de projets. « Être expert technique est une piste de carrière très valable.  Malheureusement, en étant gestionnaire de projet, les portes se ferment à cette opportunité, car il est très difficile d’être les deux en même temps. Par exemple, il y a déjà des ingénieurs avec moins d’expérience que moi qui me dépassent dans le domaine de l’hydraulique! Finalement, les experts techniques valent encore plus cher sur le marché du travail que les gestionnaires de projets dans le domaine des énergies renouvelables. »

Photo de Anna Shvets provenant de Pexels.

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