Discrètes microcapsules qui changeront nos vies

Mathilde Gosselin, ingénieure chimique et présidente fondatrice de Materium, voit grand pour sa minuscule innovation. Son entreprise, Materium Innovations, produit des microcapsules creuses de silice, une sorte de sphères vides deux fois plus petites qu'un cheveu. Vous entendrez probablement peu parler de la PME granbyenne, et pourtant, son influence actuelle et future sur nos modes de vie n'a de limites que celles de notre imagination. Entreprise locale au rayonnement mondial, Materium offre aussi un service d'encapsulation d'ingrédients pour sa clientèle de l'industrie cosmétique ou pharmaceutique notamment.

La création de Materium en 2010 permet d'abord de remplir des contrats de consultation pour l'industrie textile. Alors que l'entreprise cherche à développer des textiles intelligents, libérant une odeur par exemple, des découvertes la mèneront à breveter l'invention de la capsule creuse.

Les MATSPHERESTM produites sont des microcapsules de silice amorphe. Cette silice fabriquée est non toxique, creuse et parfaitement ronde, contrairement à la silice existant à l'état naturel dans la roche. Sa capacité à alléger les matériaux plastiques en fait un produit très prometteur. Ce n'est pas tout, car à cette porosité Materium peut donner une fonction chimique. Cet ajout accroît l'attraction de bactéries sur la silice, augmentant de façon spectaculaire la productivité des bioprocédés.

Des applications?

Le traitement plus efficace des eaux, en servant de support de croissance aux microorganismes dont l'activité dégrade des contaminants. Ou la production de médicaments, comme des antibiotiques, à moindre coût.

Pourquoi entreprendre

Engagée par une multinationale dès la fin de son bac, Mathilde Gosselin oeuvre dans le domaine de la microélectronique de pointe pendant 10 ans. L'obtention d'une maîtrise sur la caractérisation d'élastomères ouvre de nouvelles perspectives. Son passage dans une entreprise en démarrage révèle à quel point celle qui vient d'une famille d'entrepreneurs a, elle aussi, l'esprit entrepreneurial. Mathilde prend conscience du potentiel, de la liberté et de la souplesse que procure une petite organisation. C'était décidé : elle mettrait toute son énergie et sa vision au service de sa propre business. « L'entrepreneuriat, c'est défoncer des portes. C'est aussi s'adapter continuellement. On pense faire d'une certaine façon, puis on s'adapte aux besoins des clients, des fournisseurs, des employés, des investisseurs. »

Conseil aux apprentis entrepreneurs avant de se lancer en affaires

Faire sa maîtrise pour développer une technologie ou une innovation tout en étant rémunéré. Autre conseil avisé de Mathilde Gosselin : se créer un réseau de relations. Aller à la rencontre de son centre local de développement est un premier pas. La chef d'entreprise pense aussi que des cours d'entrepreneuriat devraient se donner à l'université afin de mettre étudiants et entrepreneurs en contact. 

 

 

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