Gestion d’une équipe diversifiée : 4 bonnes pratiques

Avec la proportion de femmes inscrites au tableau de l’Ordre des ingénieurs du Québec qui a triplé en 20 ans[1], la retraite progressive de la génération des « baby-boomers » et plus de 500 ingénieurs étrangers[2] admis à l’ordre chaque année, la gestion de la diversité en ingénierie est un enjeu des plus contemporains.

Éveline Gosselin-Picard, consultante en gestion d’équipes et chargée de cours à Polytechnique Montréal, nous fait découvrir ce que représente la diversité ainsi que quatre bonnes pratiques à adopter en tant que gestionnaire.

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Éveline Gosselin-Picard

Pour définir la diversité, il est possible d’adopter plusieurs approches. « Celle que j’explique à mes clients et étudiants, est celle Shaw et Barrett-Power[3] », mentionne-t-elle. Ceux-ci distinguent en effet deux types de diversité. Le premier fait référence aux attributs facilement détectables, donc ceux auxquels on pense directement lorsque l’on parle de diversité : le genre, l’âge, l’origine ethnique, etc. C’est ce qui est perceptible aux premiers abords en voyant quelqu’un. Le second type inclut les attributs sous-jacents, comme les spécialisations techniques, les croyances religieuses et culturelles, etc.

Ce sont les aspects liés à des éléments non perceptibles au premier coup d’œil. Il faut les considérer, comme l’explique Éveline : « Souvent, lorsque l’on ne perçoit pas cette diversité, on part du concept que l’autre est comme nous, pense comme nous, réagit comme nous, arrive aux mêmes conclusions que nous… Et alors, ce type de diversité peut créer de grands écarts puisque nous ne l’avons pas vu venir. »

Quatre pratiques incontournables :

  • Être prêt et motivé à communiquer : la recherche a démontré que les gestionnaires qui sont proactifs dans leurs communications sont mieux perçus par leur équipe. Toutefois, avant de communiquer, il faut prendre conscience de ses propres idées préconçues : « Aux membres d’équipe diversifiés, je leur propose dans un premier temps de prendre conscience de leur a priori, stéréotypes et biais », explique-t-elle.

 

  • Apprivoiser les différentes normes : dans les équipes très diversifiées, il va souvent y avoir une conception différente de certaines normes. Un collègue n’aura pas la même définition de la ponctualité que nous, par exemple. Éveline donne un truc : si une rencontre doit commencer à 9h00, alors on précise que dans ce contexte, la ponctualité c’est d’être dans la salle à 8h55. »

 

  • Encourager les tâches d’innovation : c’est dans les tâches où il faut résoudre de manière créative un problème ou encore créer un nouveau produit, que l'intérêt d’avoir une équipe diversifiée prend tout son sens. « C’est tellement difficile de gérer une équipe diversifiée, il faut donc déployer tout son potentiel dans les bonnes tâches ! » ajoute Éveline.

 

  • Réserver son jugement en public : un gestionnaire devrait toujours avoir le réflexe d’aller chercher des informations et des faits avant d’émettre un jugement sur un comportement d’un ou une collègue. Cela prend encore plus son sens dans une équipe diversifiée où des normes culturelles méconnues peuvent rendre ce réflexe encore plus nécessaire. Une stratégie efficace selon la consultante : « Inviter les gestionnaires ou tout membre de l’équipe à être curieux, à apprendre à tolérer l’ambiguïté et à développer leur empathie, tout simplement. »

 

Sources : [1] Les femmes en génie au Québec : portrait et perspectives +  Quelle est la place des femmes en génie? [2] Ingénieurs au Québec : plus de place pour les femmes et les immigrants [3] The Effects of Diversity on Small Work Group Processes and Performance

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