Le génie en innovation pour une transformation numérique réussie

Le second article explore une entreprise issue de partenariats entre l’industrie et le milieu universitaire. Plus précisément, nous parlons d’Eduardo Ruiz, professeur titulaire au département de génie mécanique de l’École Polytechnique de Montréal ainsi que président de Ruiz Aerospace. Comme M. Ruiz l’explique : « L’entreprise a été impliquée à travers un partenariat avec Polytechnique dans le développement des pièces du moteur LEAP de Safran-GE. Ce sont les moteurs dont sont équipés le A320Neo et le Boeing 737 Max. » En effet, c’est grâce à sa grande expertise en matériaux composites que Ruiz Aerospace brille dans ce partenariat.

Une transformation numérique réussie : Ruiz Aerospace

Ce partenariat industriel et académique a donné naissance à une technologie, développée à l’interne, qui permet à l’entreprise de se différencier : « Le Rapid Prototyping of Composites est une technologie issue de notre équipe. Cette équipe est composée principalement d’ingénieurs hautement spécialisés, possédant soit des maîtrises ou des doctorats. C’est donc grâce à ce collectif multidisciplinaire de scientifiques que nous sommes arrivés à cette technologie innovante qui nous permet de fabriquer des pièces complexes en seulement 5 jours » nous explique-t-il. C’est d’autant très efficace, puisque le procédé nécessite environ de 60 à 70% moins d’intervention humaine par rapport à un procédé classique. 

Un autre exemple d’innovation? Un logiciel d’éléments finis pour la modélisation de procédés de fabrication de composites. À travers une interface usager multiplateforme, les clients peuvent entrer leurs paramètres de fabrication, qui sont envoyés dans le nuage afin d’être traités dans des serveurs en parallèle pour obtenir un résultat en à peine une ou deux secondes. Ce logiciel a été développé à l’interne par l’équipe de Ruiz Aerospace en seulement 1 an. Le potentiel de l’informatique en nuage est ici au centre de la transformation numérique de la société.

Le partage de connaissances grâce à la transformation numérique

Cependant, qu’est-ce qui l’a initiée? M. Ruiz précise que c’est en 2013 qu’ils ont pris la décision stratégique d’amorcer la transformation numérique vers le 4.0. Les gros projets devenaient ingérables en format papier et ralentissaient le dynamisme qui caractérisait la société. Ils ont donc eu recours à un outil collaboratif semblable à Wikipédia, mais adapté aux entreprises : Confluence et Jira, de Atlassian. C’est ici que sont consignés l’ensemble des travaux des employés, véritable « mémoire collective » de l’entreprise. Un fait que M. Ruiz souligne : « C’est terminé les notes manuscrites qui se perdent ou s’oublient. Toute l’information est consignée numériquement dans Confluence. Ainsi, le partage et le transfert de connaissances se fait quotidiennement ».

Ruiz Aerospace a alors poussé plus loin sa transformation en connectant ses machines de fabrication au nuage. Tous les automates utilisés pour fabriquer des pièces sont reliés au nuage, où un ordinateur central analyse à la seconde le déroulement des opérations de l’usine. Il corrige ou émet des alertes en cas de déviation. Puis, toutes ces informations sont stockées dans le nuage et donc dans Confluence : « Ça nous permet d’avoir une traçabilité parfaite de la production mais aussi d’apprendre sur chacune des pièces fabriquées. Toute l’information est entreposée au même endroit pour un même projet, donnant une grande facilité d’accès », illustre Eduardo Ruiz.

Ruiz Aerospace

Les défis du génie en innovation

Toutefois, la transformation numérique est une grande aventure selon lui : « Il faut s’y investir à 100 % durant une année entière. Les 6 premiers mois seront très difficiles pour passer au 4.0. » Il conseille aux entreprises de bien planifier leurs ressources humaines et financières avant de se lancer. Une équipe chargée de mener la transformation à terme doit aussi être formée, et celle-ci doit inclure la haute direction de l’entreprise.

L’ingénieur innovateur regarde maintenant dans une autre direction pour la prochaine étape de la transformation : la comptabilité financière. « Les factures en PDF ne sont pas lisibles actuellement. On en tire aucune donnée à travers nos logiciels, il faut donc les entrer manuellement. Notre prochain défi, c’est de les intégrer dans Confluence et de rendre la facturation automatique. »

 

Pour en savoir plus sur la transformation numérique dans le secteur manufacturier :

Le secteur manufacturier : Une industrie 4.0 qui valorise les données numériques

Virage technologique vers l’usine du futur 4.0

Abonnez-vous à nos infolettres pour ne rien manquer