Bernard Lebelle, Deloitte Canada : un optimiste chez les sceptiques

Lisez-vous souvent le journal ? Vous arrive-t-il de penser que tout est foutu ? Que nous courons à notre perte ? Vous n’êtes pas seul.e. Un homme vous comprend. Il s’agit de Bernard Lebelle, Directeur National Innovation pour Deloitte Canada.

J’ai eu la chance de m’entretenir avec lui en marge des récentes Rencontres de génie.

« Nous sommes près de la catastrophe ! » affirme-t-il. Cependant, monsieur Lebelle n’est pas du genre à baisser les bras. Oh que non !

Inspiré par de nombreux penseurs d’un courant dit optimiste et dans l’espoir de redonner espoir en l’avenir à ses 4 enfants, Bernard Lebelle veut que l’on prenne les grands moyens pour renverser les tendances actuelles.

Il veut donner plus de latitude aux entrepreneurs, aux innovateurs et à leurs inventions.

Nous n’avons plus le temps d’attendre. « Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent ! » comme le disait Mao.

Champ libre

Pour Bernard Lebelle, nous devrions moins penser en termes de bonnes politiques à mettre en œuvre, et davantage en termes de barrières à enlever. « Nous avons besoin de champ libre » s’exclame-t-il avec conviction.

Et pourquoi pas ? Les solutions gouvernementales ont été tentées depuis maintenant des décennies sans que bien des ententes aient été conclues, notamment à l’échelle internationale. Combien de temps allons-nous encore attendre ?

De surcroît, à quoi bon discuter indéfiniment alors que les solutions à nos problèmes sont tout juste sous notre nez et ne demandent qu’à être mises en œuvre ? « Il faut montrer que les technologies sont déjà là » affirme Bernard Lebelle, pour qui le problème environnemental a moins à voir avec l’existence de solutions que de vitesse de leur déploiement.

« L’objectif de mon intervention est justement de donner des clés pour pouvoir imaginer comment l'on peut utiliser les technologies existantes pour résoudre ces problématiques-là, mais à grande échelle. »

Comment peut-on déployer les technologies existantes de manière massive ? Voilà la grande question à laquelle il faut s’attaquer. Mais comment faire ?

Génie humain

« On a un double travail à faire, à la fois d’éducation, mais aussi de choix » nous dit Bernard Lebelle.

« L’être humain est très habitué à recevoir les études et les informations négatives. » C’est d’ailleurs ce qui a permis à notre espèce de survivre au travers des siècles, nous fait-il remarquer.

Cependant, cette capacité de déceler le danger ne doit pas nous paralyser. Nous sommes maintenant en situation de crise telle que nous devons miser sur notre force fondamentale : le génie humain.

Au-delà des innovations énergétiques, la transition énergétique doit d’abord s’amorcer dans notre tête, dans notre manière de voir le monde et dans notre volonté de voir changer les choses à la hauteur du péril qui nous guette.

L’être humain est capable de grandes choses lorsque l’heure est grave. Nous avons les capacités de changer notre monde et de relever les défis que pose la transition énergétique.

Espérons seulement que ce génie humain aura le champ libre pour s’exprimer librement et efficacement au sein de nos sociétés, pour sa sauvegarde et sa prospérité renouvelée.

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