L’ingénierie est une chevalerie

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Je n’ai pas souvent pressenti d’être en train de vivre les débuts d’une nouvelle époque; un jalon – comme au sommet d’une montagne permettant de voir clairement deux flancs, un avant et un après.

Un retour brutal au réel

À vrai dire, le seul autre événement qui me vient spontanément en tête est le triste jour du 11 septembre 2001 qui avait mis fin à nos illusions d’une harmonie de façade entre les peuples, comme un sourire forcé à un membre de la famille que l’on n'affectionne guère. C’est le retour du tragique dans notre société québécoise vivant au rythme des festivals de toutes sortes; un retour brutal au réel pour un peuple d’un naturel oscillant entre la peur, la solidarité et la candeur.

C’est aussi, espérons-le, le contexte d’une remise en question durable d’une superficialité proprement moderne dont l’imaginaire est dépassé par le concret des enjeux que soulèvent la présente situation. Les voies ensoleillées, eh? Beaucoup de nos tracas de la veille nous apparaissent soudain futiles; accessoires face à une anxiété généralisée à laquelle on ne peut franchement être complètement imperméable. Effet de groupe et martèlement médiatique obligent.

Les voies ensoleillées?

Sans faire dans le chauvinisme, force est de constater que les Québécois répondent bien aux directives données par un gouvernement du Québec qui prend les choses au sérieux et qui a le courage de parler à son peuple avec le ton juste.

On peut certes se désoler de la ruée de certains vers les papiers de toilette. Cela m’apparaît risible face à la légèreté sotte avec laquelle les vacanciers de la Floride célébraient cette semaine le fameux spring break. « If I get corona, I get corona. At the end of the day, I'm not gonna let it stop me from partying » s’est exclamé un plaisancier interviewé par CBS News. Lâche pas champion!

Pour notre part, nous avons pu entendre des opposants politiques au premier ministre du Québec, Monsieur François Legault, le féliciter pour son bon travail, laissant de côté des querelles qu’ils pourront reprendre en temps opportun.

Or, en quoi cela concerne-t-il l’ingénieur contemporain?

C’est que l’engagement social est au cœur de notre profession, et qu’en temps de crise on ne saurait se liquéfier ou se dérober à nos responsabilités. Il faut se rappeler que notre profession ne repose pas que sur un statut, mais également sur un système de valeurs qui la soutienne et l’élève au-dessus de ses strictes fonctions.

L’ingénierie est une chevalerie. Et c’est justement cette réalité immatérielle de notre profession que la pandémie met à l’épreuve.

« Contiens-toi et abstiens-toi » disaient les philosophes grecs pour qui les questions de morale et de raison n’étaient pas si éloignées. Ainsi, aussi contemporaine que soit notre profession dans l’histoire occidentale, elle n’échappe pas à cette tension foi-raison, nous obligeant en quelque sorte à marcher sur un fil de fer.

Montrer l'exemple

Nous devons garder le cap dans l’incertitude, même si cela, j’en conviens, est contre-intuitif pour la majorité des diplômé(e)s en génie. Mobilisons-nous pour rendre nos lieux de travail sécuritaires. Tâchons de privilégier la protection de nos collègues et du public dans les opérations que nous poursuivons et donnons l’exemple lorsque nécessaire.

Intégrez les effets de la pandémie à votre gestion de risques et prenez des mesures en lien avec les recommandations des autorités pour éviter, supprimer, endiguer ou minimiser les risques de contamination.

C’est une guerre d’attrition qui nous attend. Ne lâchons pas!

 

Photo de couverture via Unsplash

 

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