Les villes, leaders de l’économie circulaire

Même si la transition vers une économie circulaire a débuté ici et là, le modèle économique en place reste principalement linéaire. Les leaders de l'économie circulaire et des transformations qui en découlent : les villes.

Pourquoi les villes deviennent-elles les nouvelles leaders de l'économie circulaire ?

Avec une croissance importante de la classe moyenne au cours des prochaines années, cela signifie que la surconsommation continuera d’augmenter. Les conséquences sont directes : plus de déchets qui s’accumulent, plus de coûts pour les traiter, plus de problèmes environnementaux qui en découlent. Voilà entre autres pourquoi les villes s’intéressent de plus en plus à l’économie circulaire. Mais ce n’est pas tout. En se transformant et en laissant libre cours à leur créativité, elles pourront faire beaucoup plus. Voyons comment.

Gérer les tonnes de matières résiduelles générées au Québec

Sur le site du ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques, nous pouvons lire que 13 millions de tonnes de matières résiduelles sont produites annuellement au Québec :

En dépit des efforts de sensibilisation et des moyens offerts à la population, aux municipalités, aux institutions, aux commerces et aux industries pour réduire leur production de biens et valoriser leurs résidus, une quantité encore trop importante de produits de consommation finissent leur vie dans les lieux d’élimination.

La Politique québécoise de gestion des matières résiduelles a pour objectif fondamental que « la seule matière résiduelle éliminée au Québec soit le résidu ultime ».

Actuellement, une part importante des matières résiduelles enfouies ont un potentiel pour la fabrication de biens ou la production d’énergie. Elles peuvent être recyclées, réparées, compostées, etc.

De multiples leaders de l'économie circulaire québécois pour s’inspirer

Stéphanie Harnois a analysé 16 initiatives québécoises qui mettent « à profit les matières résiduelles du secteur résidentiel dans une optique d’économie circulaire ». Chaque exemple présente les piliers de l’économie circulaire impliqués parmi les 8 identifiés par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) et bonifiés par l’AFEP (Association française des entreprises privées). Les voici :

  • Recyclage
  • Multi-acteurs
  • Approvisionnement durable
  • Écoconception
  • Consommation responsable
  • Écologie industrielle et territoriale
  • Économie de fonctionnalité
  • Allongement de la durée de vie

Parmi ces exemples, plusieurs sont caractérisés par les piliers Recyclage et Multi-acteurs. Certains réunissent jusqu’à 5 piliers. C’est le cas notamment des Plans de gestion des matières résiduelles 2016-2020 des villes de Gatineau et de Sherbrooke. Ils incluent aussi les piliers Allongement de la durée de vie, Consommation responsable ainsi qu’Écologie industrielle et territoriale.

Parfois, l’initiative touche tout un territoire. C’est le cas du parc éco-industriel Valoris en Estrie qui inclut les piliers Approvisionnement durable, Écologie industrielle et territoriale ainsi qu’Écoconception.

Vers la ville circulaire

Tôt ou tard, il semble que les villes devront transiter vers la circularité. Frank Scherrer et Christophe Abrassart mentionnent:

À la suite des États et des organisations internationales en Europe et en Asie, les grandes villes apparaissent depuis peu comme de nouveaux leaders de l’économie circulaire.

Les 2 auteurs comparent la ville à un organisme vivant et parlent de « métabolisme urbain ».

Cette vision souligne fortement combien les villes, parce qu’elles concentrent aujourd’hui 50 % de la population mondiale et l’essentiel de l’activité économique, consomment beaucoup de matières importées (alimentation, matériaux de construction, produits manufacturés, etc.) et produisent beaucoup de déchets.

Plusieurs enjeux sont à prévoir. Il faudra des analyses systémiques pour estimer l’impact de certains projets sur l’ensemble, pour déterminer le niveau de centralisation nécessaire en fonction des objectifs visés, pour identifier les meilleurs scénarios de transition, etc. Il faudra aussi du courage.

Être leaders de l'économie circulaire pour transformer la gestion des services municipaux

Mais les villes ont beaucoup a gagné dans cette transformation. Les auteurs précisent les bénéfices qu'elles peuvent en retirer notamment par des actions: promouvoir le réemploi, le recyclage ou la location d’un service à la place de l’achat d’un produit dans les règles de marchés publics, la réutilisation du compost vert des parcs ou des boues d’épuration des eaux usées, la transformation des ateliers municipaux en Fab Lab... La ville qui agit ainsi sur ses propres services de façon exemplaire peut aspirer à devenir un modèle inspirant pour les autres acteurs du territoire.

Cela pourrait même résulter en une meilleure image pour attirer de nouveaux résidants. Les leaders de l'économie circulaire se démarquent. Pour en savoir plus : Rencontre de Génie - L'économie circulaire.


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