L’ingénieur qui brasse des affaires

Derrière la bière, il y a l’agriculture. Un prétexte idéal qui a donné le goût à Louis Hébert de reprendre la ferme familiale. Son but : mettre en valeur les produits que cultive la ferme Hébert depuis six générations en lançant une des premières microbrasseries québécoises qui génère ses propres ingrédients.

Pourtant, rien ne laissait présager que cet ingénieur mécanique de formation prendrait la relève de la ferme. « En combinant ma passion pour la bière et la relève de la ferme, j’ai pu monter un projet de vie », raconte Louis Hébert, qui a eu le déclic lorsqu’il a visité une brasserie mettant en vedette l’agriculture à Strasbourg, pendant ses études.

« Quand je suis arrivé à moitié de mon parcours universitaire, je savais que je ne ferais pas de l’ingénierie pure, explique le natif de Saint-Félicien. Au lieu de faire une spécialité technique, j’ai choisi de faire tous les cours de gestion, de ressources humaines, de comptabilité, d’analyse financière, de design et d’amélioration continue. En rétrospective, je n’aurais pas pu suivre une meilleure formation pour devenir entrepreneur. » Les notions mathématiques et scientifiques acquises lors de ses études en génie mécanique l'ont aussi beaucoup aidé pour mettre au point les recettes de bière et lors du procédé du brassage.

Une entreprise inspirée des trésors de la région et de la tradition familiale

C’est ainsi qu’en 2007, il fonde la microbrasserie La Chouape, un diminutif d’Ashuapmushuan, la rivière qui coule au cœur de Saint-Félicien. « La ferme Hébert, c’est l’histoire d’une famille qui a transmis la passion de l’agriculture à six générations depuis la fin du 19e siècle », témoigne l’agriculteur-brasseur, qui mise sur le concept « de la terre à la bière », pour donner une touche unique aux bières La Chouape. « On l’oublie souvent, mais derrière la bière, il y a l’agriculture. C’est fait avec des céréales et des épices ». Quand les ingrédients ne se retrouvent pas sur ses terres, il s’inspire du terroir régional, et plus particulièrement des petits fruits.

Le souci de détails de la terre jusqu’à la bouteille

La Chouape est une des rares entreprises à faire l’agriculture biologique, le brassage et l’embouteillage. « Ça apporte beaucoup de complexité à l’entreprise, mais ça apporte aussi une valeur de plus à notre produit. On peut goûter la part du terroir et du climat dans nos bières. On a quand même une agriculture nordique, qui donne une saveur particulière à nos céréales. Une touche qui permet à nos produits de se distinguer » soutient l’entrepreneur, qui a su persévérer malgré les multiples embuches sur son chemin. « Moins tu en sais et plus tu fonces. Si j’avais su tous les obstacles que j’aurais à franchir, je ne l’aurais peut-être pas fait, lance-t-il en riant. C’est pourquoi il faut savoir bien s’entourer. »

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