Projet EMUS, une moto électrique de compétition

Finaliste catégorie Innovation
Concours IMDD 2015

Pascal Messier, ing. jr., est récemment diplômé en génie électrique de l'Université de Sherbrooke. Concepteur électronique chez Kongsberg Automotive, c'est sa participation au projet EMUS qui a transformé son intérêt pour les véhicules électriques en véritable passion. Voici la petite histoire de la moto électrique du projet EMUS, présentée dans le cadre du concours Inventer le monde de demain.

En quoi consiste le projet EMUS?
EMUS, Electric Motorcycle Université de Sherbrooke –un acronyme anglais qui permet de s'adapter au contexte international–, est un projet de fin d'études en génie qui s’est étalé sur 2 ans, et qui est d'ailleurs toujours en évolution. Au cours de ces 2 années, une équipe de 20 étudiants en génie mécanique et électrique s'est relayée pour concevoir une moto entièrement électrique de calibre « compétition ». L'idée était de concevoir un véhicule qui serait électrique à la base plutôt que d'adapter un véhicule traditionnel, comme plusieurs le font.

Qu'est-ce qui distingue EMUS des autres produits similaires?
D'une part, la moto est bâtie autour d'un châssis monocoque en aluminium conçu par l'équipe. Le design du châssis inspiré de l'aéronautique (en forme d'aile d'avion) permet d'offrir un emplacement idéal pour y placer une batterie, qui constitue le coeur du véhicule. C'était la première fois qu'une équipe universitaire choisissait de développer son propre châssis monocoque. À la liste des éléments conçus par le groupe s'ajoute la carrosserie en fibre de carbone, la suspension arrière, l'assemblage de la batterie Lithium-Polymère, le système électronique de contrôle du véhicule et le système électronique de gestion de batterie. D'autre part, c'est dans le processus de conception que le projet se démarque. C'est véritablement le travail d'une équipe dédiée, sans expérience réelle en conception de véhicule, et l'engouement des étudiants pour le projet qui rend le produit exceptionnel. Arriver à un tel résultat sans expérience, c'est ce qui le rend unique!

En quoi EMUS contribue à inventer le monde de demain?
La case départ de tout ingénieur c'est l'université, c'est là que tout commence. Ce que le projet EMUS peut apporter, ce n'est pas nécessairement la valeur commerciale de la moto, mais bien son potentiel à favoriser l'apprentissage des étudiants, pour apprendre et comprendre l'électronique des véhicules électriques grâce à un projet concret. Les apprentissages se situent bien sûr au niveau technique, mais en y travaillant, on développe aussi des aptitudes personnelles de travail d'équipe et des compétences entrepreneuriales, notamment la mise en marché et les communications.



Quel message auriez-vous à transmettre pour inspirer vos pairs du monde du génie?
Tout simplement, je dirais que les véhicules électriques, c'est l'avenir! Comme jeune, j'aurais aimé être inspiré par des projets de ce type. Maintenant, à titre d'ingénieur impliqué dans le projet EMUS, j'aimerais pouvoir transmettre ma passion pour les véhicules électriques. EMUS est le fruit du travail d'une équipe dédiée. Par ailleurs, ce projet démontre une des nombreuses possibilités de la profession d'ingénieur. Plus jeune, je n'étais pas parmi les plus motivés, c'est par la bande que je me suis retrouvé en génie. Maintenant que je m'implique dans ce qui m'intéresse vraiment, je me donne à 110%! La clé est de trouver quelque chose qui nous passionne! Le projet EMUS dans lequel toute l'équipe s'est investie, par intérêt, c'est aussi un bel exemple qui démontre que les jeunes aussi peuvent s'impliquer, et faire plus que le minimum. Comme ingénieur, le meilleur moyen que nous avons pour inspirer, c'est de créer des solutions qui fonctionnent. Avec EMUS, on fait non seulement la preuve qu'on peut concevoir des véhicules électriques, mais aussi, on fait le pari de prouver qu'ils sont plus performants, plus écologiques, et plus agréables à conduire.

Si vous aviez des moyens illimités pour améliorer le monde de demain, que feriez-vous?
Je développerais une technologie de stockage d'électricité encore meilleure, plus propre que le lithium, qui est utilisé actuellement, moins polluant que le pétrole, mais pas 100% propre. Ça fait 100 ans que les moteurs électriques existent. Ce qui doit être perfectionné maintenant, c'est le concept de batterie, plus propre, qui ultimement, aurait une meilleure autonomie. Ce serait bien d'avoir une autonomie de 500 kilomètres avec recharge rapide. En somme, je souhaiterais trouver la clé qui permettrait de pallier aux désagréments des véhicules électriques actuels pour les rendre parfaits!

Plus de détails sur le projet EMUS 

Équipe EMUS
Première édition: Pascal Messier, Félix-Antoine Lebel, Carlos M. Torres, Alexandre Gagné Leblanc, Alexandre Pouliot, Maxime Dormoy, Mathieu Joannette, Vincent Roux, Nicolas Selmay, Julien Nadeau-Gauthier, Josée-Anne Béland, David Fillion, Étienne St-Pierre, Jérémie Savaria, Mélyna Vachon, Vincent Roy, Jeremy Durand, Maxime Baron Fournier, Philippe Marois, Elisabeth Drouin Deuxième édition : Pascal Messier, Félix-Antoine Lebel, Étienne St-Pierre, Paulo Unia, Nathan Durniak, Bruno Martin,  Louis Pelletier, Raphaël Léandre, Alexis Bélanger, Keven Villeneuve, Jérome Abdelnour, Louis-Antoine Larose, Alexandre Hétu, Michel Tulane, Benjamin Bédard, Olivier Laflamme, Mention spéciale aux collaborateurs : Patrice Goyette (Mécanicien) Francis Martin (Pilote) Pierre Albouy (Collaborateur français)


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