Mauvaise qualité de l’air : comment optimiser votre système de ventilation industrielle?

Une mauvaise qualité de l’air en milieu de travail peut engendrer des problèmes de santé chez les travailleurs, en plus de nuire aux machines. Elle peut également provoquer une fermeture temporaire de l’entreprise. Comment se met-on à l’abri des risques  ? Cela passe entre autres par une meilleure compréhension du système de ventilation industrielle.

La ventilation industrielle : la solution à une mauvaise qualité de l’air

Une mauvaise qualité de l’air trouve bien souvent sa source dans la présence de contaminants. Ces derniers ne sont pas toujours perceptibles, ce qui complique leur détection.

« La plupart des intervenants ne sont pas familiers avec les contaminants » déplore l’ingénieur expert en mécanique chez BBA, Hugues Châteauneuf. « Il n’y a pas le souci de répondre à une norme qui est mis de l’avant, ce qui est problématique. Et bien souvent, les entreprises ne savent pas qu’ils ont besoin de ventilation. » 

Cela dit, la ventilation industrielle demeure la principale solution pour prévenir, éliminer et contrôler les contaminants. Suffit-il de bien faire les choses et de faire inspecter régulièrement les installations par du personnel qualifié, rappelle M. Châteauneuf.

Détecter la défaillance d’un système de ventilation industrielle

Un système de ventilation industrielle doit être vérifié régulièrement par un expert. Le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST) recommande cinq étapes pour son contrôle :

  1. Rassembler les données concernant le débit d'air nominal enregistrées lors du démarrage du système. Ces données comprennent les vitesses de l'air et les pressions statiques de l'ensemble du système aux points de mesures choisis. Elles constituent « les mesures de référence ».
  2. Mesurer la pression statique et la vitesse de l'air aux points de mesures. Ces données constituent « les données de contrôle ».
  3. Comparer les données de contrôle aux mesures de référence pour s'assurer que les vitesses de l'air ou les pressions statiques pour lesquelles chaque système a été conçu sont réellement atteintes.
  4. Un écart de plus de 20 % entre la pression statique mesurée et la pression statique de référence constitue un premier indice d'une éventuelle défaillance ou dégradation du système.
  5. Prélever un échantillon d'air dans la zone respiratoire individuelle dans le local pendant que le système est en marche. Si ce dernier fonctionne tel que prévu, les concentrations relevées doivent être inférieures aux limites d'exposition.

Les principaux systèmes de ventilation industrielle

Il existe deux types de systèmes en ventilation industrielle. La ventilation avec apport d'air neuf représente une première solution pour éliminer ou maîtriser les contaminants. Ce système consiste à réduire la concentration de contaminants par un mélange avec de l'air neuf. Il se révèle une bonne avenue pour contrôler les contaminants dispersés, les gaz et valeurs inflammables, de même que les produits avec une faible toxicité.

La ventilation par aspiration à la source est aussi utilisée en milieu industriel. Ce système aspire les contaminants et les évacue à l'extérieur. Cette solution est privilégiée si les produits présents dans l’air ont une forte toxicité, et pour tout autre contaminant.

La réglementation en ventilation industrielle

« Lorsque l’on rentre dans une usine qui n’est pas ventilée et où les contaminants ne sont pas contrôlés correctement, un inspecteur peut carrément faire arrêter l’usine » met en garde M. Châteauneuf. « L’inspecteur peut ainsi cadenasser un procédé ou imposer des moyens de protection. C’est très lourd. »

La ventilation industrielle est régie principalement par le règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST). Cette réglementation stipule que l’entreprise doit s’assurer de capter et contrôler adéquatement les contaminants en milieu de travail.

« L’employeur a l’obligation de capter à la source, donc de ventiler et d’aspirer les contaminants » explique Hugues Châteauneuf. « Il doit faire en sorte que le travailleur ne soit pas exposé. Ce règlement liste aussi les normes d’exposition, alors que chaque contaminant a des concentrations et des particularités différentes. »

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