Retour sur la conférence «Quel portrait pour l’ingénieur de demain»

À l'occasion de son Assemblée générale annuelle, le RéseauIQ recevait M. Stéphane Marchand, rédacteur en chef du Paris Tech Review, invité à prononcer une conférence sur l'avenir des métiers du génie. Cette matinée à laquelle près de 90 membres ont assisté offrait à la fois des perspectives inspirantes et des pistes de réflexion sur l'ingénieur du futur. Voici un aperçu des sujets abordés.

État de la situation

En ouverture, Stéphane Marchand a présenté une définition théorique pour resituer le rôle fondamental de l'ingénieur qui demeure de « résoudre des problèmes de nature technologique, liés à la conception, à la réalisation et à la mise en œuvre de produits, de systèmes ou de services ». Ce statut est perçu différemment selon les cultures : titre d'une profession d'exercice exclusif au Québec, technicien supérieur en Grande-Bretagne, synonyme d'élite en France ou simple technicien en Chine. On voit une abondance de diplômés en génie dans les pays émergents tels que la Chine, l'Inde et la Corée du Sud, alors qu'il fait l'objet d'une pénurie en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni.

D'hier à aujourd'hui

Selon Stéphane Marchand, l'apothéose de l'ingénieur est celle de l'esprit bâtisseur. Si l'ingénieur du XXe siècle devait maitriser les mathématiques et l'informatique, l'aventure a changé de visage au fil du temps. L'ingénieur est un acteur du monde de la science et de l'entrepreneuriat sans pour autant prétendre incarner ces univers. L'économie moderne du savoir et les défis qui en découlent pour les ingénieurs font émerger les questions suivantes :

  • Sommes-nous trop généralistes?
  • Assistons-nous à la fin du génie?
  • L'ingénieur est-il substituable?
  • Sera-t-il tout ou tard, remplacé par l'intelligence artificielle?

Métamorphose del'ingénieur

De l'ingénieur rationnel, modélisateur et optimisateur, l'ingénieur de demain doit devenir producteur de concepts novateurs et développer une sensibilité plus artistique et esthétique. Selon Stéphane Marchand,  l'ingénieur du XXIe siècle ne pourra pas se contenter d'être un modélisateur-optimisateur. Sa métamorphose repose sur sa capacité d'apprendre à apprendre. Il devra s'intéresser davantage au management, à l'art, au design et à l'architecture pour « prendre de la hauteur » et faire face à la nouvelle complexité du monde qui l'entoure.

Où sont les femmes?

Ici et ailleurs, le taux d'ingénieures au sein de cette profession reste extrêmement faible. Ce constat amène Stéphane Marchand à conclure que « cette profession se prive d'une extraordinaire puissance de développement que représentent les femmes ». Selon lui, les femmes auraient une nette longueur d'avance pour correspondre à la disposition d'esprit recherchée de l'ingénieur du futur par leur vision holistique, leur capacité à collaborer avec des équipes multidisciplinaires, etc.

Éthique et omniprésence des données

Le big data qui s'infiltre partout apporte des solutions extraordinaires et touche à tous les domaines : les ressources humaines, la politique, le marketing, etc., et le rôle de l'ingénieur sera central dans la création de valeur à partir de la donnée. Selon Stéphane Marchand, le fait que la donnée soit omniprésente va imposer une éthique particulière et l'ingénieur sera obligé de participer à la profonde transformation éthique de toute une série de systèmes touchant à l'organisation de la donnée.

Discussion

La présentation de Stéphane Marchand était suivie d'une discussion animée par le journaliste Dennis Trudeau à laquelle participaient Mme Martine Javelas, ing., analyste en incitatifs R&,D à Ericsson CanadaM. Pierre Langlois, ing., directeur du département de génie informatique et génie logiciel à Polytechnique Montréal et M. Dalil Maschino, économiste à Emploi Québec. Vous pouvez voir ou revoir la conférence en vidéo sur la page Facebook du RéseauIQ. Pour consulter la présentation de Stéphane Marchand, cliquez ici.

Invités De gauche à droite : les panélistes, Dalil Maschino, Pierre Langlois et Martine Javelas, le conférencier Stéphane Marchand, et l'animateur Dennis Trudeau.

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