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L’ingénierie au service de l’humanisme et de l’éducation

Grâce au talent et au dévouement d’ingénieurs d’ici, une école de Dharwad subira en 2020 une cure de rajeunissement.

En quoi consiste votre projet? Pourquoi avez-vous choisi de vous y engager?

Quand il se rendra en Inde au cours de l’année 2020 pour la restauration d’une école de Dharwad, Pierre-Luc Huot en sera déjà à une troisième mission de coopération internationale en moins de 10 ans. Sa dernière mission avec l’organisme Ingénieurs Sans Frontières Québec l’a d’ailleurs conduit en Inde pour doubler la superficie d’un centre d’accueil de trois étages destiné à héberger des enfants et des adolescents victimes d’exploitation sexuelle.
Cette fois-ci, accompagné de trois collègues ingénieurs, ce chargé de cours de l’École de technologie supérieure s’est engagé à y rénover et améliorer, autour de la mi-2020, l’école Kalkeri Sangeet Vidyalaya. Dirigé par l’OSBL Jeunes Musiciens du monde, cet établissement accueille plus de 250 enfants de milieux socialement marginalisés et économiquement défavorisés.
Elle leur permet d’accéder gratuitement à une éducation de qualité et de se réaliser par l’apprentissage et la pratique des arts traditionnels indiens – musique, danse, théâtre.
Au cœur de la forêt, dans un cadre sain et naturel, les jeunes de 6 à 25 ans sont nourris, logés et ils reçoivent des soins de santé. Une équipe d’enseignants et de professeurs de musique qualifiés les encadre 10 mois par an. Des éducateurs prennent aussi soin de leur santé physique et psychologique ainsi que de leur bien-être personnel.

Plus que du génie

Ici, le mandat ira bien au-delà de l’ingénierie, car le groupe consacrera les prochains mois à collecter les fonds nécessaires à la réalisation du projet. En effet, celui-ci sera financé avec le soutien de la communauté québécoise du génie pour sensibiliser et motiver celle-ci à la responsabilité sociale et à la solidarité internationale.
En parallèle, le groupe travaillera avec des experts qui se trouvent sur place, entre autres afin de produire les plans et les devis à distance, grâce aux données qui leur sont fournies, à des photos, etc. « Quand nous nous y rendrons prochainement, 90 % du travail de préparation aura été effectué en amont de cette visite », explique Pierre-Luc Huot.
Celui-ci précise que lui et ses collègues se voient d’abord et avant tout comme des spécialistes qui répondront aux besoins exprimés par les gestionnaires de l’établissement. « Nous ne débarquerons pas là-bas en leur disant quoi faire. Il est possible qu’on leur propose à l’occasion des approches, des manières de procéder ou des éléments qui vont bonifier les solutions envisagées. Toutefois, nous nous mettons d’abord et avant tout à leur service pour répondre à leurs besoins et non les nôtres. »

Viser une autonomie énergétique et durable

À la base de leur intervention qui s’étalera sur une période de trois à cinq mois, l’on trouve la nécessité de soutenir une augmentation constante des inscriptions à cette école qui devrait recevoir d’ici peu environ 280 étudiants. Pierre-Luc Huot ajoute que l’amélioration des conditions se trouve aussi au cœur des préoccupations de son groupe. « Sur le plan technique, dit-il, les installations seront conçues afin de réduire l’impact des activités de l’école sur son environnement, visant une autonomie énergétique et durable. Ainsi, à chaque étape, nous tenterons de donner une seconde vie aux matériaux. »
Autre exemple : la préparation des repas utilisant la combustion du charbon sera remplacée par une source d’énergie propre afin d’éliminer toute exposition aux émanations toxiques provenant de l’importante combustion que requiert la préparation quotidienne de trois repas pour des centaines de personnes.
Cela dit, en plus de l’aspect humanitaire et communautaire du projet, Pierre-Luc Huot admet que s’il met à l’épreuve les aptitudes d’ingénierie des participants, un tel mandat développe surtout des qualités comme la débrouillardise et l’autonomie. « Nous travaillons dans des endroits où les normes techniques et les cultures professionnelles sont différentes des nôtres, où les méthodes de construction n’ont rien à voir avec le nôtre et où les conditions sont loin de celles qu’on connaît. Par conséquent, le cerveau se fait pas mal brasser et cela devient extrêmement formateur pour nous. »

Par : Pierre-Luc Huot, Ingénieurs sans frontières – Projet Saraswati