Ingénieurs mis à pied, quand tout s’arrête

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Même si elle se porte plutôt bien, l'industrie du génie n'est pas épargnée par les mises à pied causées par les répercussions du coronavirus sur l'économie. Nous avons sondé quatre ingénieurs de trois compagnies sur leurs situations respectives.

Jean-Marie Belleinguer, ingénieur industriel pour Lumenpulse

Jean-Marie Belleinguer est ingénieur industriel chez Lumenpulse, entreprise qui fabrique des solutions d’éclairage DEL de catégorie de spécifications. Il participe à la mise en production de nouveaux produits et s'occupe de l'amélioration continue, notamment de la performance et de la réduction des risques de santé et de sécurité au travail.

Une mise à pied temporaire suite à une diminution de production

Suite à l'annonce que les entreprises non-essentielles devaient fermer, il a travaillé de la maison et a pris deux jours de vacances. Le vendredi 27 mars, la compagnie a annoncé avoir obtenu une dérogation du gouvernement pour reprendre une partie de sa production, mais le gestionnaire de Belleinguer n'a pas eu besoin de ses services en raison de la production limitée. « Ça me stresse un peu, c'est sûr, » dit-il. « J'ai mis de l'argent de côté, mais on ne sait pas combien de temps la situation va durer. »

Des mesures mises en place à l'usine

L'usine de Lumenpulse à Longueuil demeure ouverte pour les personnes désignées. La compagnie a mis plusieurs mesures en place pour limiter les risques sanitaires depuis la reprise le 25 mars, dont le nettoyage des postes, le port de visière, et la distanciation minimale de 2 mètres.

Benjamin Crevier, chargé de projet en construction industrielle chez Oslo Construction

Benjamin Crevier, chargé de projet en construction industrielle chez Oslo Construction, a continué à travailler jusqu'à la fermeture des chantiers de construction. Depuis, les bureaux et les installations de son employeur, dont son atelier de fabrication et de coupe de métal, sont fermés.

Oslo Construction est une compagnie basée à Terrebonne et a des chantiers dispersés à travers le Québec, dont à Contrecoeur, où Crevier habite. Il s'occupe de la gestion du budget, des échéanciers, des rencontres clients, et de l'organisation de la main-d'oeuvre. Depuis la fermeture des installations, Crevier travaille encore quelques heures par semaine de chez lui pour mettre de l'ordre dans ses papiers et communiquer avec ses clients.

Un suivi rapproché

Avant que la compagnie ferme, les employés ont été appelés individuellement pour être informés de la situation par leur gestionnaire. « Ils nous ont rassurés en disant qu'on allait être réengagés et que personne ne perdait sa job, » note-t-il. Depuis, Crevier reçoit un courriel et un appel de la part de son employeur à chaque semaine. « Il n'y a rien qu'on puisse faire en ce moment, » dit-il. « Je me ramène toujours à l'effort de guerre de la deuxième guerre mondiale, mais en comparaison je suis chez moi en bobettes. »

 

Nicolas Lévesque et Louis-Philippe Duquette, ingénieurs manufacturiers chez Spectra Premium Industries

Nicolas Lévesque est ingénieur manufacturier chez Spectra Premium Industries à Boucherville, qui fait de la production de masse de réservoirs d'essence pour l'industrie automobile américaine. « Mon but, c'est de faciliter la production la plus rapide, efficace, et moins chère possible, » explique-t-il. La production est arrêtée parce que Ford, General Motors et Chrysler ont fermé leurs usines aux États-Unis.

Une situation économique délicate

« On aurait eu la possibilité de télétravail, mais notre compagnie est sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, donc ils ont coupé complètement les postes, » explique Lévesque. « S'ils réussissent à passer à travers ça, et je pense que ça va être le cas, je vais ravoir mon emploi, » ajoute Louis-Philippe Duquette, son collègue, ingénieur manufacturier spécialisé en procédés.

Les employés de Spectra Premium Industries sont mis à pied temporairement à cause de la situation économique, et attendent des communications pour le 4 mai. Si l’avenir économique de la compagnie se dégrade, les collègues pensent retrouver un emploi rapidement. « Le marché est excellent pour nous, » explique Lévesque. « On n'est pas nerveux parce qu'on reçoit des offres d'emploi régulièrement. Il manque d'ingénieurs un peu partout, donc j'ai un haut niveau de confiance que je vais pouvoir retrouver un autre emploi. »

« Je ne suis pas stressé, » ajoute Duquette. « J'avais besoin de vacances, donc ça me permet de relaxer un peu. »

Un avenir incertain

Qu'ils voient ça d'un bon œil ou pas, les ingénieurs interviewés sont tous affectés par la situation économique reliée au coronavirus. Au moment d'écrire ces lignes, il est difficile de prédire comment la situation va changer au cours des prochaines semaines. Chose certaine, nous allons continuer à vous informer sur l'évolution de l'industrie du génie en 2020.

 

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